Le Musee archeologique de Byblos devalise
Une bien triste nouvelle pour la culture libanaise, le Musée archéologique de Byblos a été dévalisé par des inconnus qui a ouvert ses portes à peine, il y a quelques années seulement, constituant ainsi une première nationale. Une autre première malheureuse cette fois-ci, une trentaine de pièces archéologique de valeur , selon les autorités actuelles, seulement pour les connaisseurs auraient été ainsi volées, sans qu’on en connaisse pour le moment les détails exacts et la nature de ces objets.

Artéfacts du Musée Archéologique de Byblos, 27 septembre 2010. Crédit Photo: François el Bacha. Tous droits réservés.
La dernière fois que je m’y étais rendu en décembre 2010, je trouvais intéressant de voir ainsi projeté sur le site même, les différentes étapes de l’Histoire de cette ville qui fut l’un des premiers témoignages de l’Humanité. Ce Musée contenait notamment les restes de jarres funéraires retrouvées sur le site ainsi que divers témoignages historiques dont des ancres, rappelant la puissance maritime et commerciale de Byblos durant l’Antiquité.
Il est dommage aujourd’hui que n’importe qui, plus ou moins bien attentionné, puisse ainsi pénétrer dans ce Musée sans surveillance aucune, – et d’ailleurs, il ne s’agit pas seulement de celui-là-, il est d’autant plus dommage que cela se passe alors que le Ministère de la Culture avait engagé des gardes afin de sécuriser les sites archéologiques libanais. On peut désormais s’interroger si ce ne sont pas plutôt des ronds de cuirs qui ne font pas leur boulot, juste pris pour recevoir leur salaire mensuel.
Espérons tout de même que les Forces de Sécurité retrouveront rapidement les pièces archéologiques et les personnes coupables de ce méfait et que le vol d’une partie de notre identité ne devienne pas une mode, comme les kidnappings ou les vols de voitures ou de banques comme les informations quotidiennes le rapportent, mais certaines personnes dont certaines ayant des liens hauts placés, ne sont-elles pas déjà habituées à vendre notre identité et à détruire notre patrimoine au plus offrant?
Nouvelle Collection Photo
Pour les amateurs de belles choses, endeuillés par la perte de notre patrimoine, je vous offre une série de photographies des collections du Musée National, que vous pouvez retrouver en cliquant à ce lien. Vous pourrez notamment découvrir la richesse de la culture du Liban, de la Préhistoire jusqu’à notre Histoire récente et ainsi vous pourrez constater que le combat n’est jamais terminé.
A la recherche du Mythe d’Adonis
Halte un peu particulière ce dimanche dans le village de Ghine situé dans les hauteurs du Kesrouan au Liban, juste de l’autre coté du versant de la vallée de Nahr Brahim et de ses sites archéologiques qu’on a déjà visité précédemment et qui faisait parti du royaume phénicien de Byblos. Le site de Ghine est constitué par un bas-relief et un temple romain transformé en basilique.
Le Bas-Relief est accessible en quittant la route principale depuis l’entrée du village. C’est un peu plus loin qu’on trouvera le Rocher dit d’Adonis que certains décriront comme marquant la tombe de ce personnage mythique tué lors d’une chasse par un sanglier visité par d’augustes personnages comme Ernest Renan aujourd’hui oublié en faveur du moins consensuel Maurice Barrès qui ici, selon une plaque qui a été encastrée sur ces lieux « s’est arrêté pour aimer et comprendre nos âmes ».
Ces bas-reliefs sont aujourd’hui assez dégradés, si on compare les photographies actuelles à ceux des années 1940 (voir « Antiquités syriennes » par Henri Seyrig, Volume 21,Numéro 21-2,lien pp. 113-122 disponible chez Persée et dont vous découvrez ci-dessous une planche du site à comparer avec une image récente)

Bas relief du Rocher dit d’Adonis, Ghine, Kesrouan. Copyright François el Bacha. Tous droits réservés.
Aujourd’hui, le bas-relief gauche n’est pas du tout remarqué par les visiteurs, à se demander s’il n’a pas totalement disparu en raison de l’érosion de la pierre face aux intempéries naturelles et des années d’abandons du site avant la reprise en main de ces 3 dernières années. Probablement aussi, les stèles avaient été préalablement dégradées, notamment au niveau des visages au temps du Christianisme Primitif, qui avait, rappelons-le, détruit le temple d’Ishtar situé lui au pied des sources d’Aqfa, donnant naissance au fleuve d’Adonis.
Selon Henry Seyrig,
« Le bas-relief de Ghineh (2), taillé dans une paroi verticale, représente un homme vêtu d’une tunique courte, ceint d’une ceinture, et enfonçant un épieu dans la poitrine d’un grand ours qui se dresse contre lui (pi. XV, 1; XVII).
Sur un pan de rocher adjacent (fig. l),’à gauche, un homme également armé d’un épieu se tient en réserve avec deux gros chiens. Les deux représentations, bien que placées à angle droit l’une par rapport à l’autre, semblent logiquement faire un seul tableau. A droite, au contraire, une femme assise est sculptée dans une niche rectangulaire : elle écarte son voile de sa figure, ou appuie sa tête sur sa main.
Le lien de cette image avec l’autre tableau ne s’impose pas au premier regard : non seulement la présence d’une femme assise est inattendue dans une scène de grande vénerie, mais l’unité de. l’ensemble est gravement rompue par le fait que la dame est assise dans une niche, et que cette niche, par surcroît, est comme intentionnellement séparée de la chasse par une forte arête du rocher.
Si le sculpteur avait conçu son tableau comme une unité, il semble qu’il l’aurait sculpté sur le même plan, aurait certainement abattu cette arête, et n’aurait pas enfoncé la spectatrice dans une niche. Du moins ne devra-t-on passer sur ces difficultés que si des motifs très certains y engagent. »
Le deuxième et le troisième bas-relief sont aujourd’hui pratiquement disparus.

Le site de la Basilique Romaine de Ghineh au Liban. Copyright François el Bacha. Tous droits réservés.
Un peu plus, après être retourné sur la route principale, on retrouvera une Basilique ou Église romaine. Des progrès aussi dans la conservation du site: quand nous étions sur les lieux, il y a 3 ans, un berger faisait paitre ses chèvres aux milieu des mosaïques de l’Église en fort mauvais état, on pouvait pratiquement même les détacher simplement en marchant dessus. L’assise en béton a été reprise et est désormais renforcée avec du plâtre qui solidarise les pièces.
Cependant, il est presque à regretter que les chèvres ne s’y trouvent plus en raison de la végétation assez intéressante mais assez haute aussi et dont les graines intersectent entre les pierres. Un nettoyage est donc souhaitable pour la conservation des lieux.

Une mosaique ou figure un aigle. Balisique Romaine de Ghine, Kesrouan, Liban. Crédit Photo: François el Bacha. Tous droits réservés.
Parmi les mosaïques, un aigle, une baleine et probablement une antilope ainsi que des motifs comme des cœurs ou des piques. Aussi, à remarquer, la faune et la flore qui s’est développée sur place, très représentative de la végétation libanais avec des cyclamens, marguerites, coquelicots, etc… On sent que le printemps arrive.
Ghine (Kesrouan – Liban) , un album sur Flickr.
























